Identifiant pérenne de la notice : 232437548
Notice de type
Notice de regroupement
Note publique d'information : Contexte : La consommation de cannabis en France et dans le monde a connu une forte
croissance ces dernières années et est devenue un problème de santé publique. Le premier
recours est celui du médecin de famille, particulièrement pour le repérage des usagers
de cannabis dans son usage nocif. On constate une moindre implication des médecins
dans le repérage de l’usage de cannabis par rapport à d’autres consommations telles
que l’alcool ou le tabac. L’objectif de cette étude était d’explorer le vécu et les
représentations afin d’améliorer le niveau de repérage du mésusage de cannabis en
médecine générale. Méthode : Cette étude qualitative de type phénoménologique a été
réalisée sous forme d’entretiens individuels semi-dirigés de 11 médecins généralistes
des Hauts-de-France. Résultats : Il existait des différences concernant l’implication
des médecins dans le repérage des consommations de cannabis. Les médecins effectuaient
rarement de façon systématique le repérage malgré l’expression évidente de leur rôle
concernant cette tâche. Les médecins connaissaient globalement les facteurs de gravité
à détecter pour les usages nocifs de cannabis. Le vécu et les représentations des
médecins avaient une influence sur le repérage. Les éléments favorisant le repérage
étaient une sensibilisation par l’expérience professionnelle et personnelle ainsi
que l’acquisition d’un savoir-faire propre de l’usage d’outils de communication à
rapprocher aux stratégies de l’entretien motivationnel. Les freins au repérage étaient
une moindre sensibilisation à la problématique et une difficulté à appréhender l’ambivalence
ou la réaction des patients à rattacher à un manque de techniques communicationnelles.
Les craintes à aborder un sujet considéré comme du ressort du libre arbitre renforçaient
les convictions à ne pas faire le repérage. Les échelles de repérage étaient peu connues
et jamais utilisées. Une carence de formation médicale initiale en faculté ou continue
des médecins en addictologie en général était largement exprimée. Les questions de
l’attitude à avoir et de la démarche adéquate auprès des patients étaient au coeur
des interrogations des médecins pour une prise en charge optimale. Conclusion : Il
serait souhaitable que l’enseignement de l’entretien motivationnel soit intégré dans
le cursus de la formation des étudiants en médecine. La formation médicale continue
nécessiterait d’intensifier les approches en addictologie et de l’entretien motivationnel.